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Quand le dragon devient à son tour une ombre (solo)

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~ Chuunin de Kumo ~
Mana Geisha~ Chuunin de Kumo ~
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MessageSujet: Quand le dragon devient à son tour une ombre (solo) Mar 30 Oct 2012 - 21:09

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L'air paisible des rues ne lui parut qu'éphémère.

Les ombres dansaient à la proximité des murs, leur danse éclairée par la bienveillance des luminaires qu'elles tentaient tant bien que mal d'esquiver. Un effort vain. Une odeur de cendres et d'alcool mêlés trainait dans les coins perdus de la place, un ivrogne chantait une mélodie que personne ne reconnaissait.

Mana regardait les ivres déambuler, les traqués fuir leurs poursuivants cachés, la main nerveusement accrochée à l'arme dissimulée dans l'une de leur poche. Bientôt, ils pourraient se délecter de la mort silencieuse d'un nouvel homme.

Quelles cachotières petites rues étaient celles qui s'entrecroisaient sur son chemin ! Jamais elles ne divulguaient leurs secrets, leurs actes passés, comme de peur d'être jugées. Les meurtres qui s'y étaient déroulés n'y paraissent plus aussitôt le commanditaire satisfait, comme si le fantôme du corps meurtri désirait que sa mort salie ne se sache. Il aurait nettoyé les traces du passage de son assassin. Mesquines, mesquines petites rues ! Tes habitants n'en étaient que plus lunatiques.

Plongées dans l'obscurité, elles ne paraissent que plus sataniques...

Le vent, la brise de la mer qu'osaient laisser passer les différents mobiliers de la ville, sifflait en ces lieux où la musique des verres brisés et les cris de haine formaient une harmonie agréable, une harmonie organisée. La brise giflait ses habits, son visage impassible face à la femme qui hurlait de chagrin envers son odieux mari.

Comment se terminera cette histoire ? s'enquit la jeune femme alors que ceux qui se prétendaient amants disparaissaient eux aussi dans les ténèbres mystérieuses des ruelles voisines.

La sienne, quant à elle, ne faisait que commencer, recommencer, afin d'évincer à tout jamais les spectres qui la hantaient la nuit, ceux qui la poursuivaient même durant ses rêves. Mana se rappela son objectif et le paysage, qui lui servirait bientôt de terrain de jeu, disparut instantanément de ses préoccupations présentes.

La nuit était tombée, les étoiles guettaient chacun de ses mouvements, ceux-ci la guidant dérisoirement à travers la place de Jiyuu, dite ville de liberté. Hiro Yakuza, elle se devait d'éliminer. Se devait-elle d'abord de l'approcher, de connaitre sa localisation actuelle. Non, la kunoichi ne l'affronterait pas cette nuit. Trop risqué, les représailles arrivent vite en ces lieux. Elle se contenterait de s'informer, de combler les cases vides, puis la jeune femme s'en rapprocherait, subtilement, afin de mieux le faucher par derrière. Cet homme n'était, après tout, pas à prendre à la légère.

Yakuza. Les membres de ce clan représentaient la peste noire, constituaient une véritable menace pour quelque ninja n'en étant pas averti. Ils se reconnaissaient par leur imposante épée, leur puissante arme de guerrier, ce bien qu'il chérissait et qu'ils avaient pour habitude de ne jamais quitter. Alors sur le dos, celle-ci reposait, dans l'attente d'un nouveau combat, d'une nouvelle victime.

Victime. Quand l'adolescente se remémorait l'expression défaite de son père, du visage détruit de sa mère à l'heure de sa mort, elle avait la fâcheuse habitude de se demander pourquoi. Pourquoi les avoir tués eux, simples marchands qui commerçaient pour le moins légalement ? Deux ans que ses recherches avaient débuté, et cette question demeurait la seule sans réponse.

Si Mana ne prenait plaisir à torturer ses ennemis, préférait rapidement en finir, si le dernier qu'elle aurait à exécuter ne daignerait lui révéler les raisons qui avaient poussé ses frères à un tel acte, la jeune femme userait de tous les moyens possibles et imaginables afin de tirer de lui ce qu'elle convoitait. Et si réponse ne se résumerait qu'à un menu plaisir, une envie de meurtre et de sang, pour la première fois, Mana prendrait plaisir à tuer un homme dans la douleur et l'agonie.

La mort de l'homme devrait attendre cependant. Pour l'heure, la jeune femme se devait de trouver abri pour la nuit et peut-être pour celles qui suivraient celle-ci. Du regard, elle visita les différentes enseignes, progressa imperceptiblement dans la rue puant la soif de sang comblée, le contrat bien rempli, l'oseille méritée. A croire que l'être humain ne vivait que pour l'argent. Mais n'était-ce pas la plus grande puissance de ce monde ? Le pouvoir, l'argent... ces deux choses entretenaient des liens intimes. Son regard fut éclairé par la lumière blanche, fausse pureté, d'une auberge qui longeait la chaussée qu'elle arpentait. Le bon entretient des vitres l'encouragea à poursuivre en cette direction.

Chaque être présent dans la salle, autant hommes que femmes, lui accorda au moins un regard à son entrée. Non, la mort n'avait pas frappé. Ils se concentrèrent à nouveau sur ce que leur assiette contenait. Mais la kunoichi ne prêtait pas grande importance à l'attention que lui portaient les autres. A quoi bon ? Quelle satisfaction tirerait-elle d'une sympathie aussi fausse qu'inutile ? Un ami n'était-il pas un ennemi qui ne vous ait encore trahi ? L'adolescente se posait encore nombreuses questions sur les relations que les humains entretenaient entre eux. Celles-ci lui paraissaient si énigmatiques, d'une complexité que même le Dieu universel ne serait découdre. D'un pas dans lequel elle ne reposa aucune prétention, ses oreilles faisant obstruction au bruit de vaisselles qui basculaient de la cuisine à la salle, la nouvelle venue aborda le comptoir de l'aubergiste, un homme qui la détesta aussitôt pour sa taille qui dépassait de peu, mais de tout même la sienne. Il s'agissait bien là d'un homme de petite taille, n'étant ni de corpulence ni trop maigre ni trop enveloppée, revêtant des habits de bon marché, démontrant toute l'économie qu'il retenait de ses affaires. Il posait un œil méfiant sur elle, cet homme. L'arme que la kunoichi portait à sa ceinture n'inspirait pas confiance et encore moins les origines étrangères qui la caractérisaient entièrement.

Il a le droit d'être suspicieux à mon propos, ainsi que tous les mercenaires de cette ville. Je pourrais tout à fait être leur ennemie.

La conversation ne tarda pas à s'engager, le maitre des lieux grognant des paroles qu'elle dut deviner à faute de ne pas les comprendre. Mana porta un regard rapide à la peuplée qui remplissait la salle. Les affaires n'allaient apparemment pas bien.

"Je voudrais vous louer une chambre. Je compte rester ici quelques jours."

A sa réponse, l'aubergiste la toisa de haut en bas, d'une absence de retenue qui fâchait intérieurement la jeune femme, écœurée d'être ainsi détaillée dans le moindre de ses contours par un homme qui avait largement dépassé la quarantaine. Celui-ci se moqua, le sourire étiré sur son visage étant preuve de toute la crédibilité qu'il attachait à sa demande.

"Comme vous voudrez, mademoiselle..."

Donnait-elle réellement l'image d'une fille jeune et naïve ? Le barman l'ayant renseignée la dernière fois, lui aussi, n'avait pas pris au sérieux ses projets. Y'avait-il un âge requis pour ses actes ? Sa mère, si elle l'entendait, aurait clamé qu'elle était bien trop jeune que pour seulement penser à la vengeance, même s'il s'agissait de la leur. Sa mère. Cet être bienveillant...

"Votre prix sera le mien."

"Hey, mademoiselle !"

L'individu qui l'interpelait affichait un nez un peu trop rouge à son goût, mais la curiosité infantile de la kunoichi la poussa à tendre l'oreille et à décaler la tête en sa direction. Sa bouche se pinça légèrement à l'effluve d'alcool qui lui attaquait les narines. Une bouteille de saké figurait roi de la table autour de laquelle l'homme n'était que pauvre citoyen débauché. Ce dernier lui faisait signe de s'approcher, Mana hésita à mimer ne pas l'avoir vu, mais déjà l'aubergiste l'avait déconsidérée et l'homme se faisait de plus en plus insistant, interpelant d'emblée les autres occupants de la salle. Maudit honneur. La voyageuse s'engouffra dans la salle afin de prendre place au sein du royaume de la bouteille à moitié vidée. Ou à moitié remplie, selon les personnes.

L'ivrogne contemplait d'une passion inexplicable le verre vide qui siégeait devant lui, lui accordant un doux regard comme si celui-ci représentait la plus belle femme qui lui avait été donné de voir. Les hommes s'abrutissaient avec les années, décidément. Mana considéra celui assis en face d'elle à la manière d'un enfant qui voit un singe pour la première fois. Une créature si familière, et pourtant comptant des différences facilement énumérable sur dix doigts.

"C'est ton jour de chance, mademoiselle… J'ai quelque chose en ma possession qui pourrait te plaire…"

Sa voix montait comme elle descendait. Imprévisiblement. Et il continuait à tracer, de son pouce, les contours voluptueux de sa déesse en verre. Mana n'osa rien dire, le laissa continuer son discours des plus intriguant.

"On m'a dit que tu cherchais le type là… le drôle de guignol…"

"Impossible. Je viens d'arriver."

L'homme fit claquer sa langue contre son palet et battit la tête doucement de droite à gauche. L'adolescente étalait ses raisons et cet ivrogne osait la contredire ? L'effet de l'alcool n'était certes pas innocent, mais la stupidité de cet individu ne l'était pas tout autant.

"Il m'a dit que tu le cherchais. Il m'a dit ! Fais attention, Nirou ! Dès qu'elle en aura fini avec moi, elle viendra te chercher !"

Vraisemblablement, cet homme vendait les éloges de quelqu'un d'autre, et certainement pas ceux d'une meurtrière ou d'une grande guerrière. Non. A toute évidence, et ce sourire réjoui tiré au coin de sa bouche ne faisait qu'appuyer ses présomptions, le dénommé Nirou la confondait avec l'une de ces catins des rues.

Les aubergistes et les barmen la considéraient comme une pauvre petite fille prude. Les ivrognes, eux, la voyaient plutôt comme une de ces femmes de joie qui aimaient pratiquer des techniques masochistes. Et les femmes, quant à elle, comment la considérait-elle ? Au souvenir de plusieurs de sa connaissance, dont une en particulier, Mana se convainquit que seuls les hommes pouvaient porter un regard faussé sur elle. Les femmes, jusque-là, ne l'avaient jamais vue qu'en tant qu'alliée, amie, guerrière… Amie… quelle drôle de désignation, l'adolescente ne s'en sentait pas non plus méritante…

"Vous faites erreur, monsieur, déclara calmement la kunoichi pour le moins affectée par ses propos. Sur ce, je préfère vous laisser…"

Lui et sa déesse en verre devaient avoir beaucoup à se dire… La jeune femme fut toutefois retenue au volant de sa manche par l'ivrogne, geste qui ne put que faire froncer ses sourcils. Cet homme commençait réellement à l'agacer, il réitéra une nouvelle fois ses mots.

"Vous moquez pas de moi ! Je sais que mon copain Hiro m'aurait pas menti, vous êtes trop joueuses, vous alors !"

Si elle s'était attendue à une telle annonce…

"Vous parlez d'Hiro Yakuza ?"

"Ah ! Vous voyez que je vous mentais pas !"

Quel argument lui manquait-il pour éradiquer l'envie qui lui démangeait la main et qui lui dictait de clouter cet idiot au mur ? Beaucoup, à toute évidence, sinon tous. Mana se ravisa malgré tout, elle ne tenait pas à se faire remarquer dès le jour de son arrivée. Elle se contenta de libérer sa manche, certes un peu brusquement, mais émettre un peu de force dans son geste n'avait pas été de trop pour s'extirper des griffes de ce malotrus aux yeux malades par l'alcool. La kunoichi enregistra le visage de ceux qui s'étaient retournés en sa direction. Si le besoin s'en ferait sentir, elle les éliminerait eux aussi, au risque de voir sa couverture sauter tout bonnement. Il lui restait tant de noms sur cette fichue liste…

Froideur de ses pupilles l'y contraignant, l'homme s'abstint de l'interpeler à nouveau, refroidi par l'absence d'émois qui articulait chacune des mimiques du visage de la jeune fille. Si mimique, toutefois, il y avait. Celle-ci accosta à nouveau le comptoir de l'aubergiste, mais cette fois elle ne lui laissa le temps de porter quelconque jugement à son propos, elle lui exposa le contenu de sa bourse. Une partie seulement, mais qui suffit à attirer la sympathie de l'aubergiste. Mana détestait toucher à son héritage et au fruit de sa labeur. Cependant, les derniers dires de l'ivrogne qu'elle rejoignit, peu après, à sa table ne lui donnaient qu'un peu plus de courage.

Bientôt, Mana était en connaissance d'une adresse. D'une avancée, pour le moins considérable.








...

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Dernière édition par Mana Geisha le Jeu 8 Nov 2012 - 18:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand le dragon devient à son tour une ombre (solo) Jeu 8 Nov 2012 - 18:00

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Le Début du Commencement

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L'heure approchait.

Le soleil rayonnait dehors, frappait à la fenêtre de sa chambre, lui demandait d'une voix douce et enchanteresse de lui laisser libre passage. Mana n'écoutait pas. Sa méditation matinale le lui interdisait. Le calme amenait à elle la réflexion, celle dont l'adolescente avait tellement besoin depuis sa conversation avec l'ivrogne de la veille. Le logis de l'homme qu'elle traquait ne se situait qu'à quelques minutes de l'auberge, il lui suffisait d'emprunter une rue, de longer le quai, de repérer une enseigne et finalement de s'enfoncer dans l'ombre des quartiers-taudis de la ville.

Il se cachait dans l'ombre, le malfrat. Cette constatation ne l'étonnait guère.

Ses lèvres s'entrouvrirent et sa bouche insuffla l'air. Une fois ses poumons comblés d'oxygène, ses paupières daignèrent s'ouvrir, ses pupilles s'élevant imperceptiblement dans la pénombre, à l'exemple de l'aube qui se révèle. Un mur se dressait devant elle, assise contre le mur, adossée, à proximité du futon qui lui eut servi de lit. La nuit n'avait été que de courte durée. De légères poches violettes pesaient en-dessous de ses yeux, l'annonce d'une nouvelle vie ayant balayé le sommeil qui aurait dû venir la veiller.

Une nouvelle vie s'annonçait, effectivement. Un nouveau parcours - encore un - après tant d'autres auxquels la fille de marchands n'avait été initialement destinée. Le mode de vie de ses géniteurs aurait pu être le sien, se lever aux aurores, l'économie, la peur de la famine,… cela aurait été son quotidien. Mais un incident de balançoire avait bouleversé sa vie, ainsi que la rencontre avec le Kazekage qui s'ensuivit. Kunoichi deviendrait-elle. Le destin en avait décidé ainsi. Protéger son village serait son principal objectif. Entrainements, missions, victoires et défaites devinrent son quotidien.

Et maintenant ? Maintenant que ses parents avaient été appelés vers un monde meilleur. Maintenant que sa vie empruntait une toute autre voie de celle que l'on lui avait tracée. Maintenant que la kunoichi s'était débarrassée du bandeau qui marquait son appartenance au village de Suna. Maintenant qu'elle n'avait plus le droit de reculer… Mana n'envisageait aucun retour en arrière. Tuer ou mourir, tels seraient ses objectifs. La traque, la peur, la nuit,… tel serait son quotidien. Parce que ce mode de vie était son choix, car la vengeance lui paraissait plus importante que toute autre chose. Parce que la mort s'était montrée injuste…

Une nouvelle vie commençait. Une nouvelle vie, en tant que nunkenin.

Une fois restaurée et prête à s'adonner aux tâches d'une journée neuve, la fille du vent quitta l'auberge qui l'avait abritée durant une nuit, et l'abriterait probablement encore ce soir, si Dieu le lui accordait. La clarté du matin caressait d'un filtre doux et imperceptible la place principale de Jiyuu. Cela changeait des ténèbres qui l'habitaient. Cependant, l'obscurité persistait. Dans les ombres, dans le regard de ceux qui la toisaient. Mana les toisa à son tour. Ils regardaient ailleurs, les malotrus.

L'homme est naturellement lâche. D'abord lui, puis les autres.

Cette vérité semblait tout autant plus réelle ici qu'ailleurs. Ces mercenaires, ces bandits qui vous abordent d'un regard gauche, peu avenant, et qui vous insufflent un sentiment de mal-être, celui qu'ils veulent vous produire. Tous vivaient la méfiance en son ventre. Tous possédaient la raison qui vous parcourt l'échine et qui vous fait prendre vos jambes à votre cou quand la situation empire. La mort. La peur de cette étape finale de la vie, cette conclusion inexorable, que pourtant beaucoup d'hommes quêtent à éradiquer. Une belle perte de temps ! Mana observa ce malheureux fait de l'existence, avant de détourner le regard sur des idées bien plus importantes.

La sérénité n'est que de passage dans cette ville, songea la kunoichi qui évoluait au fur et à mesure sur la grand place. Le soleil masque les ratures de ces lieux, efface la malhonnêteté de certains le temps de son séjour et reparait ce village d'un nouvel éclat. Eclat qui, dans le fond, ne détient aucune raison. Il s'agit après tout d'un repaire de malfrats.

La progression fut lente, mais bientôt la kunoichi aborderait le quai. Quai qui signifierait tournant. Tournant qui annoncerait une prochaine enseigne. Une prochaine enseigne qui dépasserait une ruelle. Une ruelle dans laquelle l'adolescente devrait s'engager. S'engager pour ne plus se retourner. Aborder ce quai signifiait sceller son destin, s'abandonner à ses mains gantées, méconnaissables, et laisser ses doigts se refermer sur elle, lui accorder une confiance qu'elle n'avait pas la certitude de posséder. Elle qui marchait jusqu'ici sur la voie de la lumière, elle s'enfonçait de plus en plus dans celle des ténèbres, celles-ci l'engloutissant pour ne plus lui accorder une once de cette fameuse lumière qui l'avait jusque-là accompagnée. S'engager sur ce quai signifiait salir toutes les valeurs que ses parents lui avaient inculquées, ne jamais enlever la vie, ne jamais tourner le dos au soleil, au risque d'être gravement brûlé,… Toutes ces leçons d'enfant qu'elle avait disséminé sur son chemin, comme pour, dans le cas éventuel d'un retour, elle puisse en ramasser les morceaux, se convaincre que tout n'est pas irréparable. Seulement, le vent souffle et emporte…

Son avancée s'interrompit soudainement, son attention dériva du côté d'un bar moins prisé que d'autres, en particulier en début de journée. Un nuage mesquin masqua le soleil, la pénombre refroidit les rues tout à coup beaucoup plus animées. L'obscurité est définitivement une drôle d'amie…

Des éclats de verre fusèrent de part et d'autres du mur contre lequel la bouteille s'était écrasée avec violence, un homme brandissait l'objet telle une arme mortelle. Les tranchants qu'affichaient l'objet en question n'étaient effectivement pas rassurant, tout autant que le niveau d'ébriété du causeur de misères qui menaçait chaque passant qui osait le dévisager. Il esquissait des gestes amples, confus, dépourvus de toute logique. Mana observa le trentenaire gesticuler, soupira intérieurement sous la médiocrité de l'homme sur la voie du désespoir. Boire, boire et reboire. Ne connaissaient-ils donc autre remède à leur peine ? Les deux billes rouges par l'alcool obliquèrent tout à coup sur elle, la kunoichi resta stoïque. L'homme esquissa un sourire rageur, rempli d'une haine à laquelle la jeune fille n'était malheureusement pas inconnue.

La gorge de la bouteille brisée s'ouvrit devant elle, ses dents aiguisées tendant à la mordre jusqu'au sang.

"Tu me provoques, gamine…?" une parole que peina à cerner son interlocutrice, vu qu'elle n'avait encore ouvert la bouche. "Parce que… je suis pas n'importe qui ! Je vais te faire… montrer qu'on plaisante pas à Jiyuu… gamine!" des paroles dénuées de sens, tenues par aucun fil. Les mots partaient dans un sens puis dans l'autre, et ils ne furent pas les derniers. La déserteuse les écoutait d'une oreille attentive, intriguée par toute la "passion" qu'y transmettait l'ivrogne. A croire qu'il existait un démon dans l'alcool qui possédait ses consommateurs quand ceux-ci en exagéraient.

Son regard descendit sur l'arme en verre. A côté d'un individu aussi agité, elle paraissait inoffensive. Puis celle-ci se présenta tout à coup sous son nez, et la kunoichi changea aussi subitement d'avis. D'instinct, Mana baissa la tête, l'éloignant d'un même mouvement du danger qui la menaçait, puis frappa l'individu à l'estomac, celui-ci trop ivre pour esquiver le coup qui lui fut assené. Il se courba, exécuta un geste vague mais rapide du bras afin de la blesser avec son arme. Arme que le corps de la jeune femme se pressa de contourner, allant jusqu'à se courber, son dos formant une voûte en équilibre au dessus du sol sur lequel une de ses mains prit appui. Si ce dernier n'avait pas fait preuve d'autant d'agilité, l'ivrogne aurait probablement réussi à lui transpercer le foie.

Avant que son adversaire ne puisse relancer, la fille du vent pivota à l'aide de ses mains et assena un choc assez puissant dans le ventre de son opposé pour repousser celui-ci à une distance raisonnable d'un mètre ou deux. La kunoichi se redressa, épousseta son kimono négligemment plié dans la courte confrontation et s'apprêta à poursuivre sa route, quand une petite clochette résonna dans sa boite crânienne. Une sonnette. Une alarme. Mana tourna la tête et fut irrémédiablement confrontée au flanc de la bouteille qui s'écrasa entre ses deux yeux. La force que l'homme émit dans son attaque la repoussa, à son tour, de quelques mètres, la kunoichi fit son possible pour conserver au mieux son équilibre. Trois dents s'étaient plantées à la naissance de son front, la frange ténébreuse reposant sur ce dernier se délectant d'une délicieuse substance rougeâtre.

Il me fait saigner, le bandit...

Qu'il l'assaille tant qu'il le désire d'insultes et de regards en mal d'affection, elle n'en prendrait pas compte. Mais qu'il ait commis cet acte si détestable, aux yeux de la kunoichi, de l'imprégner de ce liquide impur et pourtant dont elle regorge, fût impardonnable. Le déshonneur laissa place à la haine. Une haine sans nom mais dont la couleur rouge vive éclata dans les rayons de ses prunelles devenues quelque peu animales.

L'ivrogne rit toujours. L'ivrogne rit devant la fatalité de ses derniers instants. Devant sa parfaite inconscience, sinon son idiotie. Le dos de la kunoichi se raidit et devint rigide, ses poings s'arrondirent et ses phalanges rougirent jusqu'à prendre une teinte blanche - aussi effrayante que la parure de la mort. Le ciel demeurait terne, d'une obscurité invisible et dont seule la chevelure ébène de la fille du Vent vêtissait le manteau.

Vent et nuages gris. Nuages qui glissaient le long du plafond imperceptible des cieux. Rayons de ces cieux forçant la masse mousseuse et aérienne qui lui barre la vue de la Terre. Mais que verront ceux-ci une fois leurs yeux ouverts ? Sinon une larme au coin d'un œil rougi et une bouteille dont les débris avaient trouvé refuge dans le corps qui demeure immobile. Le sang s'écoula de la plaie, larme luisante et rouge de ce corps endolori mais dont l'alcool avait atténué la douleur. Le bras du bandit avait été tourné en clé, de sorte que l'arme qu'il brandît soit retourné contre lui et l'agresse au ventre. Ventre d'où jaillissait une quantité abondante de sang, promesse d'une mort, sinon d'une paralysie prochaine.

Mana inclina respectueusement la tête, la longueur de sa chevelure effleurant d'une douceur morbide l'épaule que sa main gauche retenait. Sa deuxième main, quant à elle, maintenait la pression sur le bras de l'ennemi qui s'était dressé contre lui-même.

"Sache que l'ivresse n'est que de passage. Bientôt, tu ressentiras l'intégralité de la douleur que j'ai éprouvée quand tu m'as faite saigner."

Ce fut sur ces dernières paroles que la nunkenin s'écarta de l'homme qui, telle une masse trop lourde, chuta sur le sol. La vie habitait encore son corps, Mana ignorait pourquoi et pour combien de temps encore. Quelque part, cela lui importait peu, qu'il vive ou qu'il meure, l'important était qu'il retienne la leçon. L'adolescente éleva la main jusqu'au front, palpa de deux doigts le sang qui y avait coulé et séché pour la majorité.

Ce n'est pas l'alcool qui rend l'homme idiot. C'est parce que l'homme est idiot, qu'il en boit…

Une fois encore, le soleil fut complice d'un nouveau délit. Ni le premier, ni le dernier qui aurait lieu en ces terres, en ces enceintes qui balisent le village de Jiyuu, le village de la liberté dépouillée. Personne ne voit, personne n'entend entre ces murs. Tout le monde est ignorant, et ce pour préserver sa vie. Ainsi regagna sa route la nouvelle arrivante, d'un pas léger, d'un pas de petite fille innocente. Car aucun témoin ne viendrait venger le meurtre, le blessé, le paralysé, elle préférait ne pas savoir si l'ivrogne se relèverait ou pas.

Dans l'après-midi, on parlerait peut-être de lui, sans aucune certitude. Tandis que demain, tous l'auraient déjà oublié.




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